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Semaine 16 et 17 de chantier: Le projet Rwanda est maintenant terminé!

PROJET RWANDA 2018 | Nous y voilà : c’est la fin. C’est notre dernier blogue officiel pour le PRÉCI2018. Nous quitterons le pays dans les prochains jours pour revenir dans le froid hivernal du Québec. Bon, désolé du retard, nous avons profité du temps des fêtes avec nos familles et à parcourir la Tanzanie pour Camille. Mieux vaut tard que jamais comme on dit !
Avant de parler d’hiver, retournons, une fois de plus, il y a deux semaines. Tout a débuté avec l’arrivée de Thomas dans la maison de Kinanira. Nous étions très heureux de le recevoir et pouvoir avoir ses commentaires sur le projet, étant donné qu’il a fait le PRÉCI l’an dernier. Ce fût que des remarques positives !
Dimanche soir, Philip nous a rapporté une surprise de Muhanga. Depuis notre arrivée au pays, nous voyons souvent dans les restaurants sur le menu : Skol Panaché. C’est une bière sans alcool, par contre nous n’avons jamais réussi à mettre la main dessus. C’est donc devenu une quête : trouver une Skol Panaché avant notre départ. Certaines personnes nous ont dit que la production avait stoppé, mais Philip a réussi à mettre la main sur une bouteille. Vous comprendrez l’excitation lorsqu’il l’a ramené à la maison ! Finalement, ça goûte comme une Corona lime sans alcool. La nouvelle boisson de Kevin adventiste du 7e jour comme dirait Isaac.
Allons voir un peu comment s’est déroulé la semaine 16 de chantier. Ç’a été une semaine assez chargée en pluie. La saison des pluies ayant été très faible et ayant débuté tardivement, dame nature se gâte en ce mois de décembre. Nous avons rarement vu autant de journées de pluie consécutives. Résultat : les camions de moellons et de ciment ne pouvaient plus se rendre. Nous nous sommes donc retrouvés sans matériaux pour faire la finition des trottoirs et du mur de soutènement. Un peu anxieux, nous avons mis tous nos efforts à trouver des poches de ciment au village et à remanier les activités, ce qui a pu assurer la continuité des travaux. Par chance, vendredi et samedi quelques camions ont pu effectuer les livraisons. Le mur de soutènement est donc fini. Comme le reste du bâtiment, il est magnifique. La finition pour les maçons est primordiale, ils s’appliquent beaucoup et le résultat qui en ressort en vaut vraiment la peine.

Nous avons aussi pu ouvrir nos latrines permanentes et enfin démolir les temporaires. Il faut dire qu’aller au toilette sans voir le chantier par le toit est vraiment un plus. En démolissant les latrines nous sommes tombés sur une araignée si grosse. Chico et Camille ont trouvé une araignée pareille dans leur chambre il y a quelques semaines et personnes ne les croyaient qu’il y en avait de cette grosseur ici. Maintenant, tout le monde comprend pourquoi ils en ont tant parlé de la fameuse araignée.
Finalement, pour la semaine 16, nous avons peinturé la quasi-totalité du bâtiment. Ça sent la fin ! Semaine 17 : la finition. Ah oui, nous avons aussi une splendide œuvre d’art réalisée par Marc. Il est clairement l’artiste de l’équipe, nous n’aurions pas pu avoir mieux. Il a dû même aller continuer la peinture dimanche pour être certain que tout soit prêt pour l’inauguration.

Si nous revenons aux puces de lit. Bon, nous nous posons beaucoup de question, parce que nous étions certains que c’était des puces de lit, mais depuis les derniers jours un doute s’est installé. Camille, qui a encore des puces de lit malgré les traitements, partage son lit avec Thomas qui n’a encore attrapé aucunes puces. Donc moral de l’histoire, Chico et Camille se font piquer par on ne sait quoi. Il faut aussi revenir sur le changement de chambre de Kevin : malheureusement pour lui, Chico a gagné la bataille du mur de briques. Plus aucune porte n’est bordée par un rang de briques. Par contre, jusqu’à présent il a eu très peu de piqûres, à croire qu’il se sauvera des jambes pleines de galles !
Heureusement, les parents de Félix, Suzanne et Dany, sont arrivés le week-end dernier avec de la lavande et de l’eucalyptus. Deux produits qui font énormément bien sur les piqûres. Suzanne nous a même fait mettre des feuilles d’eucalyptus dans nos sacs de couchage, c’est très apaisant !
Ils sont arrivés samedi dernier tout droit de la Tanzanie où ils ont fait deux jours de safari et des heures d’autobus pour se rendre à Kigali. Nos derniers visiteurs sont donc arrivés et nous partageons notre petite maison à neuf personnes dorénavant. Quoi qu’en début de semaine dernière Thomas est parti visiter la forêt de Nyungwe, nous serons donc très peu de jour à réellement être neuf.
Sinon la fin de semaine dernière s’est tenue la dernière partie de soccer entre le Canada et le Rwanda. Ayant confirmé la partie samedi soir, nous avons eu une équipe de justesse. Frédérica et Chico étaient absents car ils finissaient la façade, Philip était malade et Camille se remet tout juste de sa foulure. Notre équipe était donc limitée en umuzungu. Nous avions Félix, Kevin et Thomas dans l’équipe du Canada, ainsi que nos employés. Encore une fois, notre chef chantier était notre chef entraineur le temps d’une journée. Dans les estrades, il y avait Maman Kibonke, Papa Kibonke, Camille et Isaac. Ça été un match très serré et le pointage final est 2 à 1 pour le Canada. Sur une série de trois parties, le Canada l’a emporté deux fois, c’est donc l’équipe du PRÉCI qui est la meilleure !

Juste avant la partie, Aaron a reçu une partie de l’équipe pour dîner : Kevin, Camille, Félix et nos trois visiteurs. Le repas était délicieux ! Ayant une ferme avec des poules, nous avons mangé du poulet pour dîner, un repas que nous n’avions pas mangé depuis quatre mois. Aaron et sa femme ont aussi préparé des cadeaux pour nos visiteurs.
Après la partie, nous nous sommes séparés pour le souper : une partie chez Étienne le maçon et l’autre chez Isaac. Ensuite, nous avons fait découvrir le trajet de moto en pleine nuit sur la route de terre à nos visiteurs. Ils ont été beaucoup plus chanceux que nous. N’étant pas habitué, nous leur avons donné les meilleur chauffeurs. Camille qui a peur en moto, est embarquée avec un bon chauffeur aussi, mais Kevin et Félix malheureusement n’avait vraiment pas les meilleurs. Il y a quelques chutes et quelques coinçages de motos dans la boue. Heureusement, tout le monde est arrivé sain et sauf à la maison.
Dernière semaine de chantier, la semaine 17. Grosse semaine, vraiment très grosse. Le vrai sprint final. Il nous restait encore beaucoup de peinture à faire, dont une bonne partie de la façade avant, qu’heureusement Chico avait commencé durant le weekend précédent. De plus, il y avait quelques trottoirs en béton et celui des latrines qui est fait de moellons et de sable à faire.

Pour commencer notre team élé a trouvé un petit problème dans le bloc C. Beaucoup de travail les attendaient et malheureusement, Philip est tombé malade cette même semaine. Kevin a travaillé d’arrache-pied en début de semaine et vers le milieu Philip n’a pas compté ses heures pour tenter de rattraper le retard. À un certain moment, ils ont même fait surchauffé un fil, plus de peur que de mal ! Grâce à tout ce travail, nous avons la chance d’avoir l’électricité opérationnelle pas seulement dans les trois blocs, mais aussi dans nos latrines. Vraiment un plus au projet !
Nous avons aussi vécu un moment un peu embêtant. Un matin, Camille et Félix se rendaient au chantier à 6h30 lorsqu’ils ont croisé une employée. L’employée en question a proposé à Félix de transporter un des trois cotons ouatés qu’ils voulaient donner aux hommes rentrant à 6h30 avec eux le matin. Ayant confiance absolument en nos employés, il accepte. Félix et Camille continuent leur discussion jusqu’au chantier et au moment où l’employé en question rend les chandails il en manque un. Embêtant… On cherche partout, Aaron demande aux employés si quelqu’un ne l’aurait pas vu, mais personne ne l’a vu. Nous apprenons à cet instant, que l’employée en question est reconnue pour être la voleuse du village, mais Camille et Félix, ne voulant pas y croire, répètent, qu’ils étaient avec elle tout le trajet. Aaron décide d’envoyer, en cachette, deux employés pour fouiller les environs. Surprise, elle avait caché le chandail dans des plants d’haricot dans le but de le voler. Évidemment, nous étions contents de le retrouver, mais très perplexe à savoir quoi faire maintenant.
Aaron nous a donc expliqué qu’au Rwanda, il faut chasser la personne en public pour lui donner une leçon et montrer aux autres que ce genre de comportement n’est pas toléré. Étant les pratiques locales, nous acceptons donc d’agir un ainsi. Finalement, elle a eu droit à un procès en public et a été chassé avec tous les autres employés qui lui criaient après. Nous étions extrêmement mal à l’aise, à un certain point, Kevin a même demandé à Aaron d’arrêter ça. Dans ce genre de moment nous voyons les différences culturelles et malheureusement, nous pouvons difficilement agir autrement si nous voulons nous intégrer. Une fois l’événement terminé, nous avons repris le cours normal des activités.
La peinture a été terminée jeudi soir en chiffre de soir. Nous avons envoyé Frédérica, Marc, Kevin et Thomas finaliser le tout en soirée tandis que Camille et Félix se reposaient car ils étaient en charge de tout nettoyer avec les employés le matin de l’inauguration. Il faut le dire, la façade avant est vraiment de toute beauté, nous sommes chanceux d’avoir eu un artiste comme Gafotozi. Une autre œuvre d’art que nous ne voyons pas de l’extérieur est celle se trouvant au bout de la salle d’attente que Frede a faite. Encore une fois du beau travail de la part de notre team peinture.

Le chiffre de soir a commencé tard ce jour-là, car nous avons décidé de faire tirer tous nos biens que nous ne voulions pas ramener au Canada. Il y avait une centaine de chose à faire tirer, donc tout le monde a eu droit à au moins deux items. Nous avons beaucoup rit, parce que parfois un objet tel que l’imperméable de Frede était pigé par un homme ou encore une aide-maçon pigeait une hache. Ça a fait de drôle de mixte, mais ils peuvent toujours faire des échanges ou bien revendre les objets, l’important c’était de leur donner un dernier coup de pouce avant notre départ.

À la fin toute fin, Camille et Thomas, qui avaient acheté une chèvre une semaine auparavant, l’ont fait tirer. Un aide-maçon, donc une des personnes gagnant le plus petit salaire du chantier, l’a gagné. La joie dans son visage et l’excitation de la foule valait un million de dollars. C’était de loin un de nos meilleurs moments au Rwanda.

Nous y voici, l’inauguration ! Heure prévue de début 10h00, heure réelle de début 12h20. Bon encore une fois : « This is Africa ». Une chance, car étant très occupé au cours de la semaine avant, personne n’avait préparé les mots qu’ils devaient dire et aussi, toute la sonorisation est arrivée très en retard. Une fois arrivée, il y avait un bris, résultat : au milieu de la cérémonie nous avons eu un micro.
La cérémonie c’est très bien déroulée. Nous avions comme animateur et interprète Aaron notre contremaître. Tout le monde a bien apprécié. C’était bondé, il y avait 300 places assises de prévus et autour de 13h30 (oui oui, les gens continuaient d’arriver passé 13h30) c’était comble, les derniers arrivant ont dû rester debout. Lors de la journée, nous avons eu droit à de superbes danses traditionnelles de la part de jeunes étudiantes du village voisin. Elles chantaient, jouaient du tambour et dansaient, c’était tout simplement impressionnant.

Ensuite est venu le tour des discours. Au Rwanda, il s’agit d’un peuple aimant parler et faire de longs discours, nous avons donc eu plusieurs personnes qui ont pris la parole dont le représentant de la communauté, les districts, nous-même et évidemment Isaac. Ah oui, un discours particulièrement touchant était celui de Baptiste « stud », un de nos employés. Il a mentionné comment il était reconnaissant de notre travail et de notre intégration disant que les blancs ne mangeaient pas seulement du chimique, que les blancs s’étaient assis avec lui et ses compatriotes pour manger la même nourriture qu’eux, que les blancs ont apporté de bonnes choses dans ce village. Nous avons été très touchés par ces belles paroles et très reconnaissants pour un discours qui voulait dire beaucoup pour la plupart des gens présents.

À la fin de la cérémonie qui a duré environ 5h, nous avions tous de très beaux coups de soleil dû à la belle température, nous nous sommes donc rendus à l’école pour le souper. Le chef de ce souper était nulle autre que Germaine la femme d’Isaac qui nous a fait un succulent repas. Nous avons partagé le repas avec les autorités, mais évidemment, nous avons été boire une petite « Urwawa » avec nos employés que nous avions invités à souper.
Tout au long de la soirée, nos travailleurs nous ont présenté leurs femmes et maris, ils étaient très fiers du projet auquel ils avaient participé et nous, très reconnaissants de leur aide. Sans eux, rien n’aurait été possible. La plupart voulaient des photos avec nous, une chance que Thomas avait son appareil, il ne le savait pas, mais il était photographe officiel pour l’événement. Le tout s’est terminé à la tombée de la nuit, tout le monde a pu rentrer à la lumière.
Nous étions épuisés de notre journée, mais ce n’était pas fini. Le lendemain, nous devions aller au poste de santé pour vendre le restant des matériaux de construction et faire la paie. Félix est de loin notre négociateur en chef et nous a permis de vendre la plus part de nos surplus à un prix pas trop bas, mais assez pour que nos employés aient un bon deal.
Une fois tout ça fait : direction volcan. Enfin, nous avons fait notre petite expédition au sommet d’un volcan. Petite, parce qu’elle a duré moins de deux jours. Malheureusement à mi-chemin, Gafotozi a commencé à être malade et dû descendre avant d’atteindre le sommet. Il portait le chandail Kaki PRÉCI ce jour-là, son visage était exactement de la même couleur…
C’était vraiment bien comme randonné, boueux et rempli de chute à la descente, mais très amusant. Phil « skiait » sur les flaques de boue et s’est arrêté quelques fois sur les fesses ! Aucun blessé et beaucoup de plaisir, c’est tout ce qui compte.

Finalement, le 24 au soir, nous sommes allés souper chez Isaac. Délicieux repas comme toujours et un accueil incroyable. Suzanne, la mère de Félix, nous avait amené des chapeaux de Noël et des ballons, nous avons donc eu droit à une vraie ambiance de Noël, ou presque. Aaron y était et il nous avait préparé une surprise : une chanson. C’était de toute beauté, ça disait qu’il trouvait qu’on le quittait trop vite, qu’il aurait aimé travailler avec nous pour toujours. C’était très touchant. Ensuite est venu le temps des surprises, nous avons tous eu, y compris Pierre, Zachary, Dany, Suzanne et Thomas, des chandails IDA RWANDA. En plus des chandails, nous avons tous été nommés membres d’honneur de l’organisation. Finalement, Germaine nous a tous offert un tissu pour en faire ce qu’on veut par la suite. Elle a même pensé aux mères de Philip et Camille qui ont fait des cadeaux à la petite Ame, leur nouveau bébé. Quelle générosité de leur part, ça signifie beaucoup pour nous tous!

Le 25, nous nous sommes rendus à Kigali pour partager le souper de Noël quelques heures avant le vol de Camille et Thomas pour la Tanzanie. Le 26, le reste de l’équipe est revenue au Québec. C’est ainsi que se termine le PRÉCI 2018 au Rwanda. On en sort tous grandit avec une expérience exceptionnelle, des nouveaux amis et une grande fierté. Nous sommes reconnaissants à tous ceux nous ayons soutenu et aidé, sans vous rien n’aurait été possible. Nous laissons la place maintenant à 2019 en leur souhaitant bonne chance pour toutes les aventures qui vous attendent !

Photos de la semaine:

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